Les enfants et les écrans

17 novembre 2018 | Non classé

Une thèse en médecine générale pour sensibiliser les généralistes à leur rôle dans la prévention des dangers des écrans passée la Faculté de Médecine de Grenoble

Les médecins commencent à prendre conscience du rôle majeur qu’ils ont à jouer dans la prévention des dangers des écrans. Charlotte Michon et Camille Fouilland, toutes deux internes en médecine, en ont fait le sujet de leur thèse d’exercice, soutenue le 06 juillet 2018 à la Faculté de Médecine de Grenoble. Cette étude, encadrée par Badis Hadrouf, médecin généraliste, a consisté à déterminer les pratiques des médecins généralistes concernant la prévention des écrans chez les enfants de moins de trois ans. Des pistes pour améliorer les pratiques ont ensuite été proposées. Elle a pour titre : REPRÉSENTATIONS ET PRATIQUES DES MÉDECINS GÉNÉRALISTES D’ISÈRE ET DE SAVOIE SUR LA PRÉVENTION DE L’EXPOSITION AUX ÉCRANS CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE TROIS ANS, ET PISTES POUR L’AMÉLIORATION DES PRATIQUES.

Cette thèse constate d’abord que les écrans sont omniprésents dans les foyers. Dès leur plus jeune âge, les enfants sont soumis aux images sans mesure. Pourtant les effets négatifs des écrans ne sont plus à prouver : retard dans les acquisitions psychomotrices, troubles du sommeil, diminution des capacités scolaires, comportements antisociaux ou surpoids. Malgré cela, les médecins généralistes abordent rarement ce sujet en consultation. Pourquoi ? Et comment y remédier ?

UNE PRÉVENTION TOUT EN RÉSERVE

Au total, 39 médecins généralistes ont été interrogés à travers 7 entretiens.
Cette étude confirme que les impacts négatifs des écrans sont connus des médecins. Pourtant, la prévention sur le sujet reste marginale. Les généralistes l’effectuent seulement face à un élément déclencheur (enfant sur un écran en consultation ou ayant une pathologie pouvant être en lien avec les écrans).

LES FREINS À LA PREVENTION

Plusieurs freins sont évoqués pour justifier l’absence de prévention. Le manque de temps en consultation et le manque de connaissances des médecins sont des freins évidents. La méconnaissance des parents et le bénéfice qu’ils tirent des écrans (calmer et occuper l’enfant) semblent également être des obstacles notables. Cette position particulière de l’écran au sein des habitudes familiales gêne le médecin, d’autant plus qu’il connaît les facilités que peuvent procurer les écrans. Il s’identifie au parent et se limite donc dans la critique qu’il peut faire des écrans.
Pourtant, le médecin a un rôle éducatif dans d’autres domaines comportementaux (tabac, nutrition…). Il pourrait donc assumer ce rôle vis-à-vis des écrans.

VERS UNE AMÉLIORATION DES PRATIQUES

Malgré ces freins, les médecins interrogés dans cette étude estiment avoir un rôle à jouer. Une prévention systématique dès la première année de vie leur semblait primordiale, accompagnée de conseils précis pour limiter leur usage.
Pour améliorer cette prévention, le médecin a besoin de formations afin d’enrichir ses connaissances. De nombreux outils existent déjà pour l’aider dans sa pratique, tels que des questionnaires, des affiches, ou des brochures contenant des conseils précis. Ils sont facilement accessibles, comme les affiches 3-6-9-12 créées par le Pr Serge Tisseron. Les utiliser faciliterait la communication avec les parents et aiderait les médecins à aborder ce sujet en consultation.
Évidemment, la problématique des écrans dépasse la médecine générale. De manière plus globale, une campagne nationale lancée par les pouvoirs publics permettrait d’alerter l’ensemble de la population.

Charlotte Michon et Camille Fouilland

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