Le Safer Internet Day : pour un usage d’Internet sans crainte
À l’ère numérique, Internet est omniprésent dans la vie de nous tous, et plus particulièrement dans celle des enfants et des adolescents. Il est à la fois une source d’apprentissage, de créativité et de socialisation — mais aussi un espace où certains risques, comme le cyberharcèlement, la désinformation ou la perte de repères, peuvent se manifester si l’on n’est pas bien préparé. C’est dans ce contexte que se tient chaque année le Safer Internet Day, une journée internationale de sensibilisation à un Internet plus sûr et responsable.
Organisée en Europe par Internet Sans Crainte et relayée à l’échelle internationale par des réseaux d’écoles, d’associations, d’entreprises et d’institutions, cette journée a pour objectif de promouvoir des usages numériques responsables et positifs. Elle s’inscrit dans une approche éducative, en opposition à une prévention fondée sur la peur, dont les effets sont souvent contre-productifs : susciter l’angoisse ou l’interdiction n’aide pas les enfants et les adolescents à comprendre, à développer leur esprit critique ni à adopter des comportements éclairés sur le long terme.
À l’image de l’association 3-6-9-12, cette démarche privilégie l’éducation et l’accompagnement plutôt que l’interdiction. Il s’agit de donner aux jeunes, mais aussi aux parents et aux professionnels, des repères, des outils et une compréhension progressive des usages numériques, afin de favoriser une autonomie réfléchie et sécurisée, plutôt qu’une obéissance contrainte et fragile.
Cette année, le Safer Internet Day 2026 se déroulera du 10 février au 31 mars 2026. Cette édition mettra l’accent sur le lien entre écrans et santé mentale, autour du slogan « Les écrans et toi… comment ça va ? ».
L’occasion pour les établissements scolaires d’organiser des ateliers de sensibilisation à destination des élèves et de leurs familles. Pour les accompagner, de nombreuses ressources pédagogiques seront mises à disposition. Des webinaires ainsi que des concours d’affiches viendront compléter le dispositif, afin d’aider parents et enseignants à mieux comprendre et encourager des usages numériques responsables.
Une journée qui fonctionne depuis des années !
Les données issues des rapports d’impact des campagnes montrent que le Safer Internet Day n’est pas une simple opération de communication : il engage concrètement les jeunes et les éducateurs.
Exemples chiffrés :
- Lors de l’édition 2025 au Royaume-Uni :
- 160 000 téléchargements des ressources éducatives ;
- >86 000 jeunes ont testé leurs connaissances avec un quiz en ligne ;
- 96 % des enseignants ont constaté une meilleure conscience des risques numériques chez les élèves après les activités liées à la journée.
- En 2024 :
- Les films et contenus du Safer Internet Day ont généré >1,6 million de vues et 600 millions d’impressions médiatiques ;
- >25 000 jeunes ont participé aux quiz interactifs ;
- 95 % des enseignants ont estimé que les élèves se sentaient plus confiants pour rester en sécurité en ligne après les activités.
- En France, plus de 390 000 élèves ont été sensibilisés via des parcours numériques pendant le Safer Internet Day.
Ces chiffres montrent que la journée fait bouger les lignes : elle permet non seulement d’informer, mais surtout d’initier un dialogue autour des usages du numérique, de renforcer les compétences et d’anticiper les risques.
L’éducation aux écrans et à Internet ne se fait pas de manière uniforme : elle doit suivre les étapes du développement de l’enfant. C’est l’idée défendue par notre association 3-6-9-12.
En résumé et concrètement :
- Avant 3 ans : éviter les écrans, privilégier les interactions humaines et le développement sensoriel.
- 3–6 ans : écrans occasionnels, de préférence éducatifs, accompagnés d’un adulte (lecture de dessins animés ensemble, explication du contenu), et/ou avec un temps d’échange pour parler avec les enfants de ce qu’ils ont regardé.
- 6–9 ans : favoriser les activités de création avec les outils numériques (photographie, jeux vidéo).
- 9–12 ans : Internet accompagné et parler des règles : apprendre à protéger sa vie privée.
- Après 12 ans : mon enfant « surfe » seul sur la toile, mais je fixe avec lui des règles claires (définir ensemble les temps d’écran, les types d’activités autorisées).
Cette approche, simple à retenir, aide les familles à structurer progressivement l’autonomie numérique de leurs enfants sans laisser place à l’angoisse ou à l’interdit pur.
Pourquoi ces campagnes comptent ?
Les chiffres montrent que la sensibilisation fonctionne : non seulement les jeunes s’approprient mieux les enjeux de sécurité en ligne, mais les enseignants et parents se déclarent plus confiants pour aborder ces sujets avec eux.
Plus important encore, au-delà des chiffres, la journée crée un espace de discussion où les enfants se sentent écoutés, et où les adultes peuvent répondre à leurs questions concrètes : comment réagir face au cyberharcèlement, comment reconnaître une fausse information, comment protéger ses données personnelles, etc.
Conclusion
Le Safer Internet Day n’est pas seulement une journée d’affichage : c’est un outil pédagogique vivant qui mobilise écoles, familles, institutions et jeunes autour d’un objectif commun : construire un Internet plus sûr et plus serein pour tous. En combinant des repères simples comme ceux proposés par l’approche 3-6-9-12 avec des actions concrètes et interactives, cette sensibilisation contribue à un usage du numérique plus réfléchi, plus confiant et plus responsable.
F.G.