Les clubs de joueurs adultes et responsables

Manettes de consoles de jeux

Comment mettre en garde les adolescents contre les dangers des jeux vidéo ? Comment leur expliquer que la norme PEGI (Pan European Game Information), qui indique les âges souhaités pour chaque jeu, n’est pas seulement faite pour les protéger, mais aussi pour leur permettre de profiter pleinement de certains jeux dont il est difficile d’explorer et de comprendre la complexité avant un certain âge. La première fois où je suis intervenu dans un collège sur le thème des jeux vidéo, et avant même que j’ai commencé à parler, un doigt s’est levé : « Monsieur, est ce qu’il est plus dangereux de jouer à WOW (prononcez WOUW) ou à CALL (prononcez CAUL) ? » Si vous ne savez pas répondre à une telle question posée d’entrée de jeu, inutile de continuer : plus personne ne vous écoute, votre crédibilité dans le domaine est ruinée. Mais comment y répondre si vous ne connaissez ni World of Warcraft, ni Call of Duty ?

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C’est pourquoi seuls des joueurs adultes et responsables sont capables d’intervenir sur ce thème. Je désigne par là des adultes capables à la fois d’avoir éprouvé le plaisir procuré par ces jeux, d’en connaitre les qualités autant que les défauts, et d’être conscients des pièges qu’ils présentent, notamment du point de vue des valeurs qui y sont mises en scène.

En Suisse, j’ai pu contribuer à la création d’un tel club. Il s’appelle Swiss Gamers Network, et ses membres sont fréquemment sollicités pour intervenir dans les écoles. Une plaquette est disponible sur leur site www.Swiss Gamers Network.

En France, hélas, rien de semblable n’existe encore, mais de tels joueurs existent ! Les directeurs d’établissement qui souhaitent organiser un débat dans leur école peuvent demander, le jour de la réunion de début d’année, quels sont les parents joueurs de jeu vidéo prêts à se lancer dans l’aventure. Ils peuvent aussi passer par le comité des parents d’élèves qui transmettra… Une seule précaution : ne jamais laisser un parent d’élèves intervenir seul, toujours au moins trois. D’abord parce que tous ne connaissent pas forcément tous les jeux auxquels jouent les enfants, mais aussi pour assurer la multiplicité des points de vue et enrichir le débat. Et celui-ci sera évidemment ouvert aux parents qui souhaitent s’informer autant qu’aux jeunes !

L’association 3-6-9-12 s’engage à promouvoir, encourager et défendre ces initiatives.