29 juin 2026

L’encyclique de Léon XIV : défendre la vérité et la démocratie à l’ère de l’intelligence artificielle

Dans son encyclique consacrée aux enjeux de l’intelligence artificielle et du numérique, le pape Léon XIV propose une réflexion qui dépasse largement les questions techniques. Son texte Magnifica Humanitas (« Magnifique Humanité ») s’intéresse avant tout à la personne humaine, à sa capacité de jugement et à sa liberté dans un monde où les technologies occupent une place croissante. Parmi les thèmes abordés, la question de la vérité apparaît comme centrale. Pour le pape, la révolution numérique ne constitue pas seulement une transformation des outils de communication : elle modifie profondément notre rapport à l’information, à la connaissance et à la vie démocratique.

Léon XIV rappelle que la recherche de la vérité est un bien commun indispensable à toute société. Cette affirmation revêt une importance particulière dans un contexte marqué par la multiplication des informations disponibles, la circulation rapide des contenus sur les réseaux sociaux et le développement de l’intelligence artificielle générative. Alors que chacun peut aujourd’hui produire, partager ou transformer des informations en quelques secondes, la distinction entre le vrai et le faux devient plus difficile. Le pape souligne ainsi que la démocratie elle-même repose sur la possibilité pour les citoyens de s’appuyer sur des faits vérifiés afin de participer aux débats publics. Lorsque la recherche de la vérité est remplacée par la recherche de l’audience, de l’émotion ou de la visibilité, le risque est celui de la désinformation, de la polarisation et de l’affaiblissement du lien social.

L’encyclique met également en lumière le pouvoir considérable exercé par les grandes plateformes numériques. Les algorithmes qui organisent l’accès à l’information ne sont jamais totalement neutres. En sélectionnant certains contenus et en en rendant d’autres invisibles, ils participent à la construction des représentations collectives. Léon XIV s’inquiète particulièrement de la concentration de ce pouvoir entre les mains d’un nombre limité d’acteurs privés capables d’orienter l’attention de milliards d’utilisateurs. Face à cette situation, il appelle à développer une véritable « écologie de la communication », fondée sur la transparence des algorithmes, la protection des données personnelles et le soutien à un journalisme de qualité.

Enfin, concernant l’éducation, le pape affirme que toute technologie éduque ceux qui l’utilisent. Cette idée invite à dépasser une vision purement instrumentale du numérique. Les écrans, les réseaux sociaux ou les systèmes d’intelligence artificielle ne sont pas de simples outils : ils influencent les habitudes de pensée, les modes de relation et les capacités d’attention. Dès lors, l’enjeu éducatif ne consiste pas seulement à apprendre aux jeunes à utiliser ces technologies, mais à leur permettre de les comprendre et de les questionner. L’éducation aux médias, à l’information et à l’intelligence artificielle devient ainsi une condition essentielle de l’exercice de la citoyenneté.

Cette préoccupation est particulièrement forte concernant les enfants et les adolescents. Léon XIV estime que les pouvoirs publics ont la responsabilité de protéger les mineurs lorsque les intérêts économiques des plateformes entrent en contradiction avec leur bien-être. Il souligne également l’importance de former les jeunes à reconnaître les manipulations, à préserver leur dignité et à développer leur esprit critique. Cette responsabilité incombe à l’ensemble de la communauté éducative : familles, écoles, associations et institutions.

Enfin, l’encyclique attire l’attention sur ce qu’elle appelle une « hygiène de l’attention ». Dans un environnement saturé de sollicitations numériques, le risque est de voir le flux continu d’informations remplacer la réflexion approfondie, la lecture et le discernement. Pour préserver la liberté intérieure, le texte valorise des espaces de silence, d’étude et de dialogue qui permettent de développer une pensée autonome.

À travers cette réflexion, Léon XIV propose une vision humaniste du numérique. L’enjeu n’est pas de rejeter les innovations technologiques, mais de veiller à ce qu’elles demeurent au service de la personne humaine. La recherche de la vérité, l’éducation à l’esprit critique et la protection des plus jeunes apparaissent alors comme des conditions essentielles pour construire une société numérique respectueuse de la dignité, de la justice sociale et du bien commun.

S.B.

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Association 3-6-9-12

Un regroupement de praticiens de terrain, de chercheurs et d’universitaires, qui souhaitent participer à une éducation du public aux écrans et aux outils numériques en nous appuyant sur les balises 3-6-9-12 imaginées par Serge Tisseron.