6 juillet 2026

VERA ou faux ?

L’identification des vraies et des fake news est devenue un enjeu majeur non seulement à titre individuel, mais aussi pour toute la société. Mais comment démêler le vrai du faux ? Et à qui se fier pour nous indiquer s’il s’agit d’une info ou d’une intox ?

De nombreux sites de fact-checking existent déjà depuis longtemps – l’AFP ainsi que de nombreux médias ayant créé le leur. Un nouvel outil vient s’ajouter à la liste : Vera, un chatbot d’IA (ou agent conversationnel) mis au point en 2024 par LaReponse.tech, une ONG française. Quel intérêt d’avoir créé un outil supplémentaire, et qu’apporte-t-il de plus ? Je l’ai testé pour savoir…

Vera est consultable par deux biais : par message sur WhatsApp (gratuitement) ou par téléphone au 09 74 99 12 95 (prix d’un appel local). Elle peut communiquer en plus de 80 langues. C’est une IA, qui répond donc à une question en consultant des sources et en les compilant. Comme les autres, elle n’est donc pas « intelligente », mais fait des recherches pour nous…

Cependant, Vera a plusieurs avantages.

D’abord, pour pallier le problème structurel de l’intelligence artificielle – qui se nourrit indifféremment d’infos et d’intox – Vera a accès à un nombre limité de sources. Sources qui ont été sélectionnées pour leur fiabilité et dont plusieurs sont signataires des chartes européennes IFCN (International Fact-Checking Network, créé en 2018) et EFCSN (European Fact-Checking Standards Network). Il s’agit de sites de fact-checking (plus de 150) et de médias fiables et reconnus (plus de 350) provenant du monde entier (majoritairement d’Europe et d’Amérique du Nord, mais tous les continents sont représentés). Leur liste est consultable sur le site www.askvera.org.

Vera cite toujours ses sources. À la fin de chaque réponse sur WhatsApp, on trouve les liens vers les articles cités. Au téléphone également, Vera « lit » l’URL des liens. Cette citation systématique des sources augmente sa fiabilité car elle permet de vérifier par soi-même les informations fournies. Cependant, au téléphone, la lecture à voix haute des hyperliens est assez indigeste et peu exploitable – proposer de les envoyer par SMS ou via WhatsApp pourrait être une option plus adaptée.

L’autre biais des agents conversationnels que LaReponse.tech a cherché à éviter est la problématique des « hallucinations ». Elles consistent à fournir à tout prix une réponse à une question, quitte à ce qu’elle soit inventée ou supposée. Les IA sont donc généralement programmées pour ne surtout pas dire « je ne sais pas ». Conçue pour éviter au maximum ces hallucinations, Vera, elle, peut répondre : « Il n’y a pas de documentation publique sur ce sujet. » ou « Je n’ai pas trouvé d’information fiable pour répondre à votre question », ou encore « Les sources à ma disposition ne mentionnent aucun élément permettant de conclure que… ». Elle doit fournir des réponses les plus factuelles possibles. L’utilisateur peut donc se voir répondre : « Rien n’indique que… » ou se voir fournir une réponse précisant que « les données disponibles sur le sujet présentent des limites méthodologiques importantes » ou qu’« il a été mis en examen mais une relaxe a été prononcée ». Elle indique également ce qui est sujet à polémique, précisant les points de vue des différents partis en cause, par exemple, toujours en fournissant les sources.

Vera semble donc être un agent conversationnel assez fiable pour la vérification des informations textuelles, qui a, de plus, l’avantage d’être très simple d’utilisation et transparent. Il respecte, en outre, la réglementation RGPD en vigueur. Cependant, aucune IA ne peut être sûre à 100 %, et il est donc prudent de consulter par soi-même les sources qu’elle propose. Enfin, on peut garder en tête que l’utilisation de l’IA est infiniment plus coûteuse en ressources naturelles qu’une recherche classique sur internet et continuer ainsi à utiliser des sites de fact-checking reconnus (piochés dans la liste des sources de Vera par exemple !), et n’utiliser Vera que lorsque l’information est plus difficile à trouver… Un bon numéro à garder en « mémoire », quoi qu’il arrive !

H.B.

https://www.askvera.org/#comment-ca-marche

https://pia.ac-paris.fr/portail/jcms/p2_4630140/vera-le-numero-pour-verifier-les-faits

https://www.france24.com/fr/europe/20260312-qu-est-ce-que-vera-l-ia-fran%C3%A7aise-contre-la-d%C3%A9sinformation

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