FantomApp
FantomApp est une application mobile disponible depuis le 16 décembre 2025 sur iOS et Android, mais aussi sous l’URL https://fantomapp.fr. Elle a été développée par la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) et financée par l’Union européenne, après un déploiement de sondages auprès de collégiens et de parents dans divers départements.
Cette application est à destination des adolescents à partir de 10 ans et met à disposition plusieurs outils permettant d’appréhender et de comprendre les risques des réseaux sociaux et d’internet. Même si je ne suis pas dans l’âge cible de l’application, je l’ai testée pour vous.
Dans un premier temps, j’ai dû chercher sur le Play Store afin de trouver l’application que je cherchais, car celle-ci n’est pas mise en avant par la plateforme. De plus, j’avais mal orthographié « fantom » en pensant que le terme était écrit en anglais… Il existe bel et bien une application qui s’appelle « Phantom », mais c’est un portefeuille de cryptomonnaie (un peu loin de ce que je cherchais, en résumé).
En téléchargeant l’application, j’ai pu observer un design épuré, agréable et une prise en main facile. L’application s’introduit par un tuto qui présente son utilité et son utilisation. Les différents outils proposés sont classés par thème : Problèmes, Outils, Me sécuriser, et renvoient tous vers des textes qui rappellent nos droits, que l’on a vite fait d’oublier sur internet.
Pour détailler un peu plus :
- Dans l’onglet Problèmes, il y a six catégories proposées, allant du cyberharcèlement au piratage, en passant par l’arnaque et la difficulté d’application du droit à l’oubli. Pour chacune des catégories, il y a une définition du problème, des conseils pratiques à exécuter de suite, un quiz pour définir exactement sa situation et des propositions de solution. Je trouve particulièrement pertinent le fait d’avoir systématiquement ajouté un écran « tu n’es pas seul » avec un message rassurant. Cela permet, à mon sens, d’aider l’adolescent à ne pas avoir honte de « s’être fait avoir ». Je remarque que les propositions de solutions renvoient hors de l’application, que ce soit pour exercer un recours ou pour prévenir (par exemple le 3018).
- Dans l’onglet Outils, on retrouve deux tests et un outil de floutage de photo. L’un des deux tests permet de mettre à l’épreuve la qualité des mots de passe en le notant selon le temps nécessaire pour le craquer (275 milliards d’années pour moi, ça ne me semble pas trop mal). Le second m’a paru extrêmement pertinent car il rappelle que les bios (petits textes qui présentent un profil sur les réseaux sociaux) sont des informations publiques, et qu’elles contiennent parfois beaucoup d’informations privées.
- Dans l’onglet Me sécuriser, la focale est mise sur les réseaux sociaux, et un enchaînement de tutoriels apprend à voguer dans les paramètres pour se protéger. L’un des exemples qui m’a semblé pertinent, car je ne l’avais pas fait jusque-là, est celui de supprimer l’autorisation, pour les personnes hors de mes contacts, de voir ma photo de profil sur WhatsApp. Plus globalement, cette section est détaillée, triée par réseau social et explique comment chacun des gestes protège, ce qui constitue une prévention efficace.
Pour conclure ce test, je dirais que l’application pourrait faire le plus grand bien aux petits et grands utilisateurs d’internet et des réseaux sociaux. C’est un outil pédagogique intéressant pour prévenir des risques et des mécanismes de fonctionnement de ces plateformes – je pense notamment au commerce des informations personnelles, qui forme l’économie d’internet et qui n’est que peu connue par ses utilisateurs. Le nom peut cependant induire en erreur, car on peut penser de prime abord que l’application est une sorte de widget qui se calque sur ses réseaux sociaux, qui va venir prévenir des risques, ce qui n’est pas le cas. Il me semble que c’est un outil important mais qu’il ne pallie pas à l’action de son utilisateur. Ainsi, l’application m’apprend mais n’agit pas pour moi, pour m’éviter les dangers. C’est une piste d’entrée pour les adolescents qui découvrent les réseaux sociaux, mais aussi pour les parents qui n’ont pas toujours les bons réflexes pour eux-mêmes non plus.
N.L.