Rapport de l’INSERM et l’INED sur les activités physiques et l’usage des écrans à l’âge de 2 ans chez les enfants de la cohorte Elfe

10 juin 2019 | Non classé

L’Étude Longitudinale Française depuis l’Enfance (Elfe)[1] suit une cohorte d’enfants nés en 2011 en France métropolitaine. Au total, ce sont 18040 familles qui ont été recrutées dans 349 maternités réparties sur le territoire afin d’obtenir un échantillon représentatif de la population française. Il s’agit de la plus grande étude scientifique concernant l’impact de l’environnement sur le développement et la santé des enfants puisqu’elle les a suivis, les suit et les suivra de la naissance jusqu’à l’âge adulte.

A la demande de la Direction Générale de la Santé, l’INSERM et l’INED ont publié un rapport en décembre 2018[2] sur les activités physiques et l’usage des écrans à l’âge de 2 ans chez les enfants de la cohorte Elfe.  L’enquête portait sur les activités physiques, essentiellement au travers des activités ludiques (promenades, ballons, piscine…) des enfants de 2 ans, ainsi que leurs activités plus sédentaires telles que l’usage de différents types d’écrans (tablette, ordinateur, jeux vidéo sur console, jeux sur téléphone mobile, télévision).

Les principaux résultats descriptifs sur les activités physiques, permettent d’estimer qu’un tiers des enfants de deux ans ne jouent jamais ou seulement occasionnellement à la balle ou au ballon ; plus d’un sur trois ne va jamais à̀ la piscine. Si la majorité se promène, un quart des mamans ne font jamais ou seulement occasionnellement des promenades avec leur enfant de deux ans. Près de la moitié d’entre elles (44%) ne font jamais ou seulement occasionnellement des jeux ou activités physiques (ballon, piscine, etc.) avec lui.

En ce qui concerne l’usage des écrans, l’étude Elfe permet d’estimer que 84 % des enfants regardent la télévision au moins une fois par semaine, et 68 % tous les jours ou presque. Ils sont moins d’un tiers à jouer avec un ordinateur ou une tablette au moins une fois par semaine, et environ 12 % y jouent tous les jours ou presque. Un enfant sur 5 joue avec un téléphone mobile multifonction au moins une fois par semaine et un sur dix y joue tous les jours ou presque. Ils sont très minoritaires (6,6%) à jouer au moins occasionnellement aux jeux vidéo sur console.

Parmi les facteurs sociodémographiques clés prédisant la fréquence et le temps d’écran, on retrouve notamment les niveaux d’étude de la mère et du père, le revenu du ménage, le statut professionnel de l’un et l’autre, la situation familiale et la taille de la fratrie. Une plus forte consommation d’écran est corrélée au fait de vivre en couple, à un plus bas niveau d’étude des deux parents, un plus faible revenu familial, une mère jeune de 31 ans ou moins.

 

On peut regretter, comme le reconnait l’étude elle-même l’absence de données sur facteurs comportementaux des parents, tels que leur propre fréquence d’usage des écrans, et leurs attitudes et croyances vis-à-vis de ceux-ci. On sait l’importance de l’imitation chez l’enfant par rapport aux habitudes familiales. De la même manière, nous n’avons pas d’informations sur les programmes regardés ou les logiciels de jeux utilisés avec ces jeunes enfants, ni s’il s’agit d’une activité solitaire ou encadrée.

[1] https://www.elfe-france.fr

[2] https://www.ined.fr/fichier/rte/129/cote-recherche/Publications/Activite%20physique%20et%20ecrans_2%20ans_enfants%20Elfe.pdf

Thérèse Auzou-Caillemet

Thérèse Auzou-Caillemet

Enseignante spécialisée

Thérèse Auzou-Caillemet est doctorante en sciences de l’éducation.

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