Excès de TV: les pédiatres suisses lancent un cri d’alarme, l’UNICEF rassure

20 mai 2018 | Non classé

Les pédiatres suisses mettent en garde contre les excès de télévision et d’ordinateur auxquels s’adonnent certains enfants.

Dans la nouvelle version du carnet de santé distribué aux parents, ils placent la limite à 7-10 heures par semaine.

« Quand certains bambins me racontent le film qu’ils viennent de voir, le matin avant de venir à l’école, les bras m’en tombent », raconte cette maîtresse d’école enfantine à Zurich. Pour elle, il n’y a aucun doute : le nombre d’enfants regardant beaucoup la télévision – et souvent seuls – ne cesse d’augmenter.
La Société suisse de pédiatrie (SSP) tire elle aussi la sonnette d’alarme, par une mise en garde désormais intégrée dans le Carnet de santé qui accompagne les enfants depuis leur naissance jusqu’à leur quatorzième anniversaire. L’avertissement ne se veut pas sentencieux, car le carnet vise surtout à sensibiliser: «Savez-vous qu’un excès de télévision et d’ordinateur (au-delà de 7 à 10 heures par semaine) a un effet défavorable sur le développement physique et psychologique de l’enfant et de l’adolescent ?», demandent les pédiatres au chapitre «Grandir et se développer».
«La télévision ne répond pas aux besoins développementaux – cognitifs, affectifs, psychomoteurs… – des jeunes enfants», précise la doctoresse Nicole Pellaud, membre du groupe de travail de la SSP chargé de la réédition du carnet »

Cela vous rappelle sans doute les campagnes actuelles contre les dangers des écrans.

Mais pourtant, ce texte a … dix ans ! Il a été publié le 31 janvier 2007 dans Swiss Info.ch

https://www.swissinfo.ch/fre/exc%C3%A8s-de-tv–les-p%C3%A9diatres-lancent-un-cri-d-alarme/5666208

Cela semble n’avoir servi à rien si j’en crois les mêmes pédiatres qui m’en parlent aujourd’hui… Autrement dit, les enfants âgés de deux à cinq ans aujourd’hui sont de plus en plus devant les écrans. Mais avant de nous inquiéter outre mesure sur ce qu’ils deviendront, il pourrait être utile de s’informer sur que sont devenus ceux dont on s’inquiétait autant il y a dix ans. A ce sujet, on peut lire (page 116) dans la brochure que l’UNICEF a consacré aux « Adolescents connectés » (https://www.unicef.org/french/publications/files/SOWC_2017_FR.pdf)

« En dépit des inquiétudes, notamment chez les parents et les éducateurs, sur les effets d’une exposition prolongée aux écrans, une récente étude transversale à grande échelle portant sur plus de 120 000 jeunes de 15 ans au Royaume-Uni a révélé que le temps passé par les enfants à utiliser des technologies numériques n’avait que des effets limités. Cette étude, conduite selon des facteurs liés au sexe, au groupe ethnique et à la situation économique, concernait la télévision et le cinéma, les jeux vidéo, les ordinateurs et les smartphones. Les répercussions de chaque activité sont quelque peu différentes, mais les auteurs ont conclu qu’aucune d’entre elles n’était généralement associée à un bien-être mental inférieur, tandis qu’une utilisation modérée (entre deux et cinq heures par jour environ, en fonction de l’activité) semblait avoir une légère influence positive sur le bien-être mental1.

L’« effet de Boucle d’or », ni trop ni trop peu, mais juste ce qu’il faut, semblait convenir aux enfants. »

S.T.

1 34 Przybylski et Weinstein, A Large-Scale Test of the Goldilocks Hypothesis (Essai à grande

échelle de l’hypothèse de Boucle d’or), p. 209–210.

Serge Tisseron

Serge Tisseron

Psychiatre, docteur en psychologie

Serge Tisseron est psychiatre, docteur en psychologie habilité à diriger des recherches, membre de l’Académie des technologies, chercheur associé à l’Université Paris VII Denis Diderot (CRPMS).

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